Bulletin sur le terrorisme en Afrique

Bulletin sur le terrorisme en Afrique - Résumé exécutif du 1er trimestre 2025 (ACSRT) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR)

Situation générale.
Du 1er janvier au 31 mars 2025, 943 attaques terroristes ont été enregistrées, causant 4 296 décès à travers l’Afrique. Mensuellement, janvier a connu 371 attaques ayant fait 1 529 morts, février 266 attaques avec 1 751 morts, et mars 306 attaques pour 1 399 morts. Les attaques du premier trimestre 2025 ont diminué de 8 %, mais le nombre de morts a augmenté de 35 % comparé au 4e trimestre 2024. Par rapport à la même période en 2024, les attaques n’ont augmenté que de 1 % tandis que le total des décès a augmenté d’environ 33 %. Bien que la hausse des attaques soit marginale, l’augmentation correspondante des décès est significative, ce qui reflète une forte létalité des attaques. Parmi les 4 296 décès enregistrés, 1 678 étaient des membres des forces militaires/de sécurité, 1 369 des terroristes, et 1 249 des civils.

Attaques terroristes par région.
L’Afrique de l’Ouest a enregistré 46 % des attaques totales et 56 % des décès totaux, l’Afrique de l’Est 28 % des attaques et 26 % des décès, l’Afrique centrale 21 % des attaques et 16 % des décès, l’Afrique australe 4 % des attaques et 1,4 % des décès, tandis que l’Afrique du Nord n’a enregistré que 1 % des attaques et 0,6 % des décès.

Pays les plus affectés.
Les cinq pays les plus touchés par les attaques terroristes durant la période sont : Somalie, Burkina Faso, Mali, RDC et Cameroun (par ordre décroissant du nombre d’attaques).

Foyers principaux.
La région du Sahel représente 38 % des attaques et 43 % des décès, la Corne de l’Afrique 26 % des attaques et 26 % des décès, la région des Grands Lacs 11 % des attaques et 14 % des décès, et le bassin du lac Tchad 7 % des attaques et 13 % des décès.

Cibles principales des attaques.
Sur un total de 943 attaques sur le continent, 587 visaient les forces militaires/de sécurité, 335 la population civile, 14 des organisations internationales, et 7 des institutions/gouvernements officiels. Les groupes ADF/ISCAP, ASWJ, et Boko Haram concentraient leurs attaques contre les civils, tandis qu’Al-Shabaab, JNIM, ISWAP, et ISGS ciblaient massivement les forces militaires/de sécurité.

Armes utilisées.
Les groupes terroristes ont utilisé des armes légères et de petit calibre (ALPC) dans 67 % des attaques, des engins explosifs improvisés (EEI) dans 27 % des attaques, des attaques mixtes (EEI & ALPC) dans 2 % des cas, et 4 % des cas concernaient des enlèvements.

Pertes infligées par les groupes terroristes.

  • JNIM a causé 1 244 décès (435 civils, 809 militaires/forces de sécurité)

  • Al-Shabaab 606 décès (79 civils, 527 militaires)

  • ADF/ISCAP 238 décès (230 civils, 8 militaires)

  • ISWAP 169 décès (88 civils, 81 militaires)

  • ISGS 114 décès (62 civils, 52 militaires)

  • Boko Haram 76 décès (38 civils, 38 militaires)

  • ASWJ 44 décès (37 civils, 7 militaires)

  • Autres affiliés de l’État Islamique 116 décès (1 civil, 115 militaires)

  • Groupes non identifiés 360 décès (279 civils, 81 militaires).

Enlèvements.
37 cas d’enlèvements ont été enregistrés. Au total, 677 personnes ont été prises en otage en RDC, Cameroun, Mozambique, Nigeria, Somalie et Niger, tandis que 67 captifs ont été libérés durant la même période.

Réponse contre le terrorisme.
Les opérations de lutte contre le terrorisme ont neutralisé 1 990 terroristes.

Pertes subies par les groupes terroristes.
Al-Shabaab a subi le plus grand nombre de pertes avec 1 213 tués, suivi de JNIM (889), 361 pour les affiliés de l’EI, 281 pour Boko Haram, 179 pour ISWAP, 113 pour ISGS, et 8 pour ASWJ. Les groupes non identifiés ont subi 238 décès.

Attaques marquantes.

  • 12 janvier : des militants ISWAP ont attaqué une communauté agricole et de pêche à Tundun Leda, Borno, Nigeria, tuant au moins 40 civils.

  • 15 janvier : ISCAP a attaqué le village de Makoko, Lubero, au Nord-Kivu, RDC, tuant au moins 45 civils.

  • 10 février : des militants ISS ont attaqué les forces de police maritime et forces Dervish à Tog Jacele, Bari, Somalie, avec un VBIED. Au moins 27 soldats et plus de 90 militants ont été tués, 40 soldats ont été blessés.

  • 25 février : les combattants d’Al-Shabaab ont attaqué les forces de sécurité et la milice Hawadle Clam à Buurta Caddow Gurey, Hiiraan, Somalie. Au moins 18 soldats tués, 20 blessés. Le gouvernement a revendiqué la mort de plus de 70 militants Al-Shabaab.

  • 28 mars : des militants JNIM ont attaqué un camp de l’armée burkinabée à Diapaga, Tapoa, Burkina Faso, tuant au moins 90 soldats et volontaires pour la défense de la patrie.

Conclusion/Recommandations.
L’Afrique continue de faire face à la montée de la menace terroriste et de l’extrémisme violent. Dans les zones où ces phénomènes sont présents, ils causent des dommages dévastateurs aux vies humaines et aux biens, érodant la confiance des citoyens envers la capacité de leurs gouvernements à les protéger. Bien que plusieurs régions aient vu une augmentation des atrocités commises par ces groupes, les régions du Sahel et de la Corne de l’Afrique restent les plus affectées, avec des pertes civiles et militaires importantes. Malgré les opérations antiterroristes déployées par certains pays, la situation persiste. Il est impératif de renforcer les mesures de sécurité, en particulier via l’amélioration du renseignement et des capacités de réponse, en ciblant les zones à haut risque. Le premier trimestre 2025 a aussi vu une inquiétante augmentation de l’armement et de l’utilisation par les groupes terroristes de véhicules aériens sans pilote (UAV/UAS), aussi appelés drones, posant une menace transnationale majeure et un risque accru d’attaques transfrontalières. La situation appelle à une vigilance et une réponse adaptée.